mardi 14 juillet 2009

Le Palmarès


Copyright: Alexia Villard

Longs métrages :
- Prix du Jury : L'Autre Rive de George Ovashvili (prix doté par Métrobus)
- Prix du Public : La Nana de Sebastián Silva
- Prix de l'Avenir : Vegas : Based on a True Story d'Amir Naderi

Courts métrages :
- Prix du Public : Diplomacy de Jon Goldman
- Prix CinéCinéma : Vostok' de Jan Andersen
- Prix de l'Emotion-KooKaïFilms : L'Autre Monde de Romain Delange

Films de l'Avenir : Dehors de Charlotte Buisson-Tissot.
Prix OFQJ de la meilleure critique d'étudiants : Morgan Rosemberg.

Oyuki, la vierge


Dans le Japon des années 1870, à l'époque de la guerre de Seinan, Oyuki, une prostituée, fuit l'armée impériale. Oyuki vouage avec Okin, issue également des classes populaires, et quelques nobles méprisants. Avant que Les Contes de la lune vague après la pluie ne piochent chez Maupassant, Oyuki, la vierge est un Boule de suif catapulté au Japon, une libre adaptation qui orchestre des thèmes clefs de Mizoguchi - la prostitution, la place des femmes dans une société d'homme, ou encore les rapports d'argent. Et toute exotique qu'elle est, cette adaptation extirpe de l'original toute sa force tragique, Mizoguchi lui apportant notamment un dernier acte mélodramatique très réussi. L'arrivée à Yashiro sous les pétales de fleur, ou la fin, au décor dévasté, une barque s'éloignant de nuit, sont splendides. Oyuki, la vierge est présenté ce soir au Centquatre, accompagné par le groupe "Francis et ses Peintres" et les chanteuses japonaises Emiko Ota et Maia Barouh.

Taking Woodstock


1969. Traversant une passe difficile, Elliot retourne vivre chez ses parents dont le motel est menacé de saisie. Le jeune homme voit une opportunité lorsqu'une bourgade voisine refuse d'accueillir un festival hippie... Nouvel univers pour le caméléon Ang Lee avec une peinture réaliste de Woodstock, dont la musique reste pourtant et sans cesse un brouhaha de fond, accompagnant le parcours d'un jeune homme débordé par les événements - ceux du festival et ceux de sa vie personnelle. Quelques belles scènes, comme cette terre qui, sous stupéfiant, est devenue océan, mais le film, un peu lisse, un peu long, parfois lourd (le moindre plan où apparaît une Imelda Staunton insupportable de show oscaresque), glisse un peu sans interpeller. Taking Woodstock sort en salles le 23 septembre.

3/6

lundi 13 juillet 2009

La Nana


Raquel, droite dans ses bottes, est au service d'une famille chilienne bourgeoise qui la considère comme un membre de la famille. Lorsque la maîtresse de maison lui apprend l'arrivée d'une jeune femme qui l'aidera dans ses tâches, l'oeil de Raquel vire tout rouge. Car Raquel (Catalina Saavedra, bille en tête) n'a rien d'une tendre Mamie Baba, plutôt un mix entre Peaches et Gargamel, masque de gorille sur la tête. Sebastian Silva pose son film en équilibre parfait entre comédie à portes qui claquent et cruauté la plus brutale, où la très pieuse bonne conscience ne peut rien contre la distance sociale, où le dévouement d'une bonne ne peut rien pour dissimuler ses cicatrices, ses ratés, famille et gosses de substitution mais l'illusion fait long feu. Doublement primé à Sundance, La Nana sait rebondir et n'enferme jamais son personnage dans la posture, même si la seconde partie s'avère moins habile que la première. Le film, réussi, a en tout cas tout de la tête d'un long métrage primable. Réponse ce soir avec le palmarès.

4/6

Helen


Joy, 18 ans, disparaît. La police sollicite Helen, une jeune apprentie comédienne qui s'apprête à quitter son foyer d'accueil, pour incarner l'adolescente dans une reconstitution. Et les Britanniques Christine Molloy et Joe Lawlor d'observer le glissement, la rencontre des fantômes, d'une fille qui n'est plus à celle qui la réincarne. Helen capture l'indifférence polie par le temps d'une gamine sans rien, projetée dans la peau d'une autre - une famille, un petit ami, un imper jaune. Pourtant, lorsqu'Helen enfile ce dernier, elle ne disparaît que davantage, aspirée par le décor automnal des bois. A l'école, on assiste aux répétitions de Brigadoon, comédie musicale dont les habitants sont endormis depuis 100 ans. Les yeux clos, Helen semble bien les avoir depuis aussi longtemps, existence privée de sens et de but, atone et éteinte. Molloy et Lawlor, à coups de lents travellings de serpents, dessinent avec délicatesse cette douleur rentrée bouche cousue, cette projection comme une renaissance mais aussi une barrière, et font quelques merveilles avec leur direction d'acteurs, notamment avec l'héroïne, délivrant le moins d'intention pour le maximum d'effet. Et d'émotions, car sous la glace, on sent un embrasement qui sans cesse grandit.


5/6

J'ai tué ma mère


Très remarqué lors du dernier Festival de Cannes, J'ai tué ma mère, du jeune Canadien Xavier Dolan, sera présenté ce mardi dans le cadre du Festival Paris Cinéma. Pour lire la critique, cliquez ici!

jeudi 9 juillet 2009

Fish Tank


Fish Tank, le beau film d'Andrea Arnold, lauréate du prix du jury lors du dernier Festival de Cannes, est présenté en avant-première ce dimanche au MK2 Bibliothèque. Pour lire la critique, cliquez ici!

Antique


Présenté dans le cadre de la Nuit sexy d'Asie, Antique, signé par l'un des garçons du pourtant très beau Memento Mori, regroupe en lui à peu près toutes les raisons de l'affaissement dramatique du cinéma coréen, après sa folle nouvelle vague: soit un cinéma de chef opérateur et de décorateur, totalement vide, au scénario complètement foutraque dont les différents segments semblent agraphés au pif les uns aux autres, où l'argument principal (ici, l'ouverture d'une pâtisserie par un bellâtre associé au chéri gay du coin) est rapidement mis de côté pour donner dans le sempiternel mélo à tortures made in Seoul, morale niaise délivrée par le héros cheveux au vent, générique de fin par la couineuse contractuelle, l'addition et merci. Aussi pénible qu'assommant, Antique ne devrait probablement jamais trouver sa place jusque dans les salles françaises.

0-1/6

The Time That Remains


Qu'y a t-il de pire dans le dernier film d'Elia Suleiman, The Time That Remains: son humour pince-sans-rire clown-triste tatiesque, parfois digne d'une blague Carambar, ou ses moments tendres plus mielleux qu'un Miel Pops? Le fond, portrait poétique d'une famille palestinienne sur plusieurs décennies, n'est évidemment pas criticable mais la forme pourra, elle, réveiller quelques allergies. Le film est présenté ce vendredi au MK2 Bibliothèque, et sortira en salles le 12 août.

2/6

Le Roi de l'évasion


Le Roi de l'évasion: ses bois et bords de routes improbables, ses vieux baiseurs joyeux, ses flics échappés de l'Affaire Corned Beef. Le nouveau film d'Alain Guiraudie cultive le décalage aussi voluptueux que ventripotent. On aime les Pépitos, on aime aussi les sensations fraicheurs, mais on aime bien aussi quand le scénario permet de tenir la pochade sur une durée un peu plus poussée que quelques sketches Groland. Sympathique, mais un peu asthmatique. Le Roi de l'évasion est présenté ce vendredi au MK2 Bibliothèque. Le film sort en salles le 15 juillet.

3/6